On n’en a pas forcément conscience, on s’en aperçoit seulement le moment venu quand les paroles nous dérangent, nous énervent, nous “sortent de notre bulle” : tout ce qui peut être dit ou même ressenti autour de nous pendant notre accouchement a une incidence sur celui-ci.
Cela peut avoir un effet positif, des bons mots choisis au bon moment peuvent permettre de se recentrer, puiser dans ses dernières forces, reprendre confiance en soi. Mais bien souvent ils ont un impact négatif sur le déroulé du travail, de l’expulsion ou de la délivrance.
La déconnexion du néocortex de la femme est primordiale pour une bonne avancée du travail et le respect de la plus pure physiologie. Or, la parole est l’une des choses les plus stimulantes pour ce néocortex. Beaucoup de femmes, lorsqu’elles sont rentrées dans leur bulle, ne font plus vraiment attention à ce qu’il se passe autour d’elles et/ou ne sont plus en mesure de répondre aux questions. Et c’est bien. C’est ce qui est recherché par le corps.
Dans le contexte hospitalier, il est bien difficile d’évoluer dans le calme et le silence. Malheureusement, beaucoup de médecins et de sages-femmes n’ont même pas conscience de l’impact de leurs paroles sur le travail en cours. Et même s’ils en ont conscience, la communication entre collègues, les protocoles et parfois même l’administratif rendent ce paramètre physiologique difficile à respecter.
C’est pour ça qu’il est primordial de se blinder mentalement en amont, de se préparer, pour être capable de passer outre toutes ces stimulations qui pourraient venir perturber l’accouchement.
⬇️ Voici quelques conseils ⬇️
Se préparer avant l’accouchement
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- Une communication au top avec le papa ! : Le moment venu c’est lui, sans même que tu aies besoin de parler, qui pourra s’exprimer à ta place sur ce que tu veux ou ne veux pas, qui pourra demander à ce que tes choix soient respectés, tes envies ou tes peurs écoutées et toi pendant ce temps tu restes dans ton truc. Alors en amont, prenez le temps de bien mettre les choses au point pour former une équipe de choc.
- Fais le plein de connaissances sur la physiologie de la naissance et les protocoles hospitaliers : c’est ce socle de connaissances qui te permettront de passer au dessus de certaines paroles stressantes ou de conseils non sollicités et qui te donneront la confiance en toi et en ton corps indispensables pour rester sereine.
- Travaille ton ancrage : prends le temps de bien réfléchir à la façon dont tu as envie de vivre ton accouchement, visualise le contexte et l’environnement sans avoir peur de l’idéaliser (ça libère de l’ocytocine alors pourquoi s’en priver !), cela t’aidera à recréer ce contexte et à t’y plonger dedans si jamais le jour J ce n’est pas tout à fait comme tu le voudrais.
- Fais-toi une playlist de folie : que tu sois sensible ou pas à la musique, en mettre dans tes oreilles pendant ton accouchement peut être un game changer, surtout lorsque l’environnement devient perturbant. Que tu sois plutôt piano calme, percussions, musique qui fait danser ou sons méditatifs, prend tout ce qui peut te porter et t’amener vers un état de bien être pour te soutenir pendant le travail ! ⚠️ Evite les chansons avec des paroles qui pourraient stimuler ton néocortex.
- Ton ressenti et ton instinct sont les seuls à savoir où tu en es : cela va de pair avec les connaissances et la confiance, mais avant même d’accoucher essaye de bien intégrer ce paramètre. Ton ressenti sur l’avancée de ton travail sera toujours le plus juste. Tout ce qui peut être vu de l’extérieur par le biais d’un toucher vaginal ou d’observations par exemple ne seront jamais des indices fiables. On peut t’annoncer un col ouvert seulement à 5 par exemple, et pourtant tu ressens une intensité folle et déjà une envie de pousser. Si tu écoutes les chiffres, tu peux penser que tu n’es “qu’à la moitié”, te décourager et perdre confiance, alors que ton bébé est peut-être en train de se mettre ne route pour sortir dans les 30 minutes qui suivent…
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Protéger sa bulle le jour J
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- C’est le moment de sortir ta super playlist ! : munis toi d’un casque ou d’écouteurs pour te couper de l’extérieur, et fais vibrer tes cellules au son de la musique qui te porte… Et si jamais le moment venu tu as envie de changer de style, fais passer le mot à ton co-équipier !
- Pose le cadre dès le départ : toi ou ton conjoint peut dire dès l’entrée à la maternité que tu souhaites rester dans ta bulle, avec ou sans musique, et que tu ne veux pas être polluée ou encore moins que l’on te pose des questions. Si jamais tu n’as pas envie de son dans les oreilles, tu peux quand même mettre un casque en prétextant que tu écoutes des audios d’hypnose par exemple, ça incitera tout le monde à te laisser tranquille 😊
- Reste centrée sur ton corps, son ouverture, ta communion avec bébé : même si tout bouge ou devient bruyant autour de toi, l’intérieur ne change pas. Ton corps travaille fort, ton bébé s’engage petit à petit, et la meilleure chose à faire pour toi c’est de rester connectée à cet intérieur. Un trajet en voiture peut par exemple être éprouvant, c’est le moment de se recentrer vers l’intérieur.
- Approprie toi les lieux : si tu es plutôt du genre à garder les yeux ouverts et rester présente, ou si tu y es forcée, profite-en pour observer tout ce qui est autour de toi et rassurer bébé en lui expliquant où vous êtes, à quoi servent toutes ces choses qui ne sont pas familières. Intègre également les personnes qui gravitent aux alentours, sans oublier le papa. Tout le monde se sentira plus serein. 💡Cela peut être une bonne chose à tenter si le travail ralentit en arrivant à la maternité par exemple.
- Deviens sauvage : tu accouches, tu connais un état second que tu ne connaîtras à aucun autre moment de ta vie, tu as le droit à tout ! N’aie pas peur de dire les choses, d’envoyer balader si besoin (même ton conjoint, oui oui…), de demander à ce qu’on te laisse tranquille, de dire non si cela sonne juste pour toi. Lors d’un accouchement physiologique, le personnel soignant est là pour veiller sur toi, pas pour intervenir sans raisons. N’hésite pas à le leur rappeler gentiment si tu te sens trop envahie.
- Evite les touchers vaginaux : sans nul doute la source de perturbations la plus courante pendant l’accouchement. Le geste est désagréable et peut générer du stress, et ce qui est annoncé par la suite peut tronquer ton ressenti et ta confiance en toi. Tant que tout se passe bien, personne n’a besoin de savoir à combien ton col est dilaté. Garde ton intimité pour toi et reste connectée à ton ressenti, c’est ton meilleur guide 😊
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J’espère que ces quelques conseils issus de l’expérience de beaucoup de femmes, dont la mienne, et de recommandations médicales pourront t’aider à vivre un accouchement serein, au plus proche de tes envies et de pouvoir expérimenter toute la puissance qui dort en toi.
N’hésite pas à me faire un retour sur ce document et à venir me raconter tes anecdotes à ce sujet ou même partager tes propres conseils pour rester dans sa bulle !